Sous les toundras et les rocailles arctiques d'Amérique du Nord, une petite éricacée rampante déploie ses feuilles coriaces qui rougissent à l'automne : la busserole naine ou raisin d'ours alpin, cousine nordique de l'arctostaphylos plus connue. Les peuples autochtones du Grand Nord et les herboristes des régions froides la reconnaissaient à ses baies noires et à son feuillage persistant, utilisés selon des usages transmis de génération en génération.
Les feuilles d'Arctous alpina étaient traditionnellement infusées ou décoctées, à la manière de la busserole commune, pour accompagner les désagréments urinaires passagers. Cet usage repose sur la présence de composés similaires à l'arbutine, réputés dans les traditions nordiques.
En décoction légère, le feuillage était parfois utilisé pour ses propriétés astringentes, dans le cadre de troubles digestifs mineurs comme les selles trop molles.
Les feuilles pilées ou en compresse infusée servaient traditionnellement à nettoyer et apaiser de petites irritations cutanées ou plaies superficielles chez certains peuples circumpolaires.
Les baies, peu sapides et souvent farineuses, étaient parfois consommées crues ou cuites par les peuples autochtones du Nord, généralement en petite quantité ou mélangées à d'autres fruits.
Usage interne déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes, en raison des composés apparentés à l'arbutine et de possibles effets sur l'utérus. Ne pas dépasser une utilisation ponctuelle et de courte durée sans avis d'un professionnel de santé, en raison de risques d'irritation rénale ou hépatique à forte dose ou usage prolongé. Déconseillé aux enfants et aux personnes souffrant d'insuffisance rénale. Demander l'avis d'un pharmacien ou d'un médecin en cas de traitement en cours, notamment pour des interactions possibles avec des médicaments affectant le foie ou les reins.
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