Sous les frondaisons humides d'Europe, le gouet tacheté déploie ses larges feuilles en forme de cœur, souvent mouchetées de pourpre, avant de laisser paraître sa curieuse spathe printanière. Les anciens herboristes le connaissaient bien, mais le maniaient avec une prudence toute particulière, car cette plante appartient à la famille des arums, réputée pour son acreté et sa toxicité à l'état frais.
La racine séchée et longuement préparée fut autrefois employée dans certaines traditions populaires européennes pour apaiser les catarrhes et l'enrouement, en très petites quantités.
Le suc frais de la feuille, extrêmement irritant, n'était utilisé qu'à dose infime en usage externe traditionnel pour ses propriétés révulsives, notamment sur rhumatismes, mais cette pratique est aujourd'hui largement abandonnée en raison des risques de brûlure chimique.
La racine, après une préparation longue et un séchage rigoureux censés en réduire l'âcreté, fut historiquement citée comme purgatif dans certains cahiers d'herboristerie, un usage aujourd'hui considéré comme dangereux et abandonné.
Le gouet tacheté figure dans le folklore botanique européen comme plante indicatrice de sols riches et ombragés, davantage observée et respectée que réellement consommée par les praticiens prudents.
Toute la plante est toxique à l'état frais : elle contient des cristaux d'oxalate de calcium et des composés irritants pouvant provoquer de graves brûlures de la bouche, de la gorge et du tube digestif. Ne jamais ingérer les baies rouges, particulièrement attractives et dangereuses pour les enfants, même en très petite quantité. Aucune préparation à base d'Arum maculatum ne doit être réalisée sans l'encadrement d'un professionnel de santé ou d'un herboriste qualifié, en raison de la toxicité connue de la plante fraîche. Déconseillé formellement chez la femme enceinte ou allaitante, les enfants, et en cas de doute sur l'identification botanique, cette plante pouvant être confondue avec d'autres espèces.
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PFAF, Wikipedia