
Le bammy trouve son origine chez les Taïnos, premiers habitants de l'île qui appellent alors Xaymaca, bien avant l'arrivée de Christophe Colomb. Ce peuple cultivait le manioc amer comme aliment de base et avait développé, par nécessité, tout un savoir-faire pour en retirer les sucs toxiques avant consommation. Cette galette a survécu à la colonisation espagnole puis britannique, traversant les siècles presque inchangée dans les foyers ruraux jamaïcains. Les Africains réduits en esclavage, arrivant sur l'île, ont adopté et perpétué cette préparation, l'intégrant durablement à la cuisine créole jamaïcaine. Aujourd'hui encore, le bammy demeure l'un des rares témoignages culinaires directs de la civilisation taïno parvenus jusqu'à nous.
Le bammy offre une texture dense et légèrement caoutchouteuse à cru, qui devient croustillante à l'extérieur et moelleuse à l'intérieur après cuisson. Son goût est doux et neutre, proche de celui du manioc cuit, ce qui en fait un accompagnement discret plutôt qu'un plat dominant. Lorsqu'il est imbibé de lait de coco avant la seconde cuisson, il prend une saveur plus ronde et légèrement sucrée.
Le bammy accompagne traditionnellement les repas quotidiens jamaïcains, notamment le poisson frit, plat avec lequel il forme un duo emblématique servi au petit-déjeuner ou au déjeuner. On le retrouve aussi lors des rassemblements familiaux et des marchés en bord de route, où il est vendu chaud, enveloppé dans du papier.
Originaire des communautés taïnos de la Jamaïque précolombienne, le bammy s'est ensuite répandu dans d'autres îles des Caraïbes selon des méthodes similaires de préparation du manioc. Les variantes régionales jamaïcaines diffèrent surtout par l'épaisseur de la galette et par le degré d'imbibage au lait de coco avant la cuisson finale.