
La boza appartient à cette famille ancienne de boissons céréalières fermentées que l'on retrouve, sous des formes voisines, dans tout le Proche-Orient antique avant qu'elles ne migrent vers l'Anatolie puis les Balkans. Sa trace écrite continue remonte à l'époque ottomane, où elle occupait une place particulière dans la vie des villes : on parlait alors de "bozahane", ces établissements dédiés à sa préparation et à sa vente, notamment à Istanbul. Sous le règne de certains sultans, sa consommation connut des périodes d'interdiction en raison de son très léger degré d'alcool, ce qui n'empêcha jamais sa présence discrète dans les foyers. Elle a traversé les siècles comme une boisson populaire, souvent vendue par des marchands ambulants durant les mois froids, criant son nom dans les rues. Aujourd'hui encore, elle demeure un symbole d'hiver dans plusieurs pays de la région, entre Istanbul, Sofia et Skopje.
La boza présente une texture épaisse, presque veloutée, proche d'une crème légère plutôt que d'une boisson ordinaire. Son goût mêle une douceur sucrée à une acidité discrète issue de la fermentation, avec des notes céréalières rappelant le pain ou le malt. L'arôme est doux et légèrement piquant, adouci à la dégustation par le saupoudrage traditionnel de cannelle.
La boza se consomme traditionnellement pendant les mois froids de l'automne et de l'hiver, souvent en fin de journée ou en soirée. Elle était autrefois vendue dans les rues par des marchands ambulants annonçant leur passage, une habitude qui persiste encore dans certains quartiers.
Si ses racines les plus anciennes semblent remonter au Proche-Orient antique, la boza s'est particulièrement enracinée dans la culture ottomane avant de se diffuser dans les Balkans, où elle porte des noms voisins (boza en Bulgarie, en Serbie, en Macédoine du Nord). Les variantes régionales diffèrent surtout par la céréale employée — millet, blé ou maïs selon les pays — et par le degré de sucre et de fermentation.