
Le congee occupe dans la mémoire culinaire chinoise une place à part, celle des plats si anciens qu'on ne sait plus véritablement leur assigner une origine précise. Les textes évoquant une bouillie de riz longuement mijotée remontent à des époques très reculées, et ce mode de cuisson s'est perpétué à travers les dynasties sans jamais se démoder, porté par sa simplicité et son économie de moyens. Dans les périodes de disette, le congee permettait d'étirer une faible quantité de riz pour nourrir davantage de bouches, ce qui lui valut longtemps une image de nourriture humble, associée aux temps difficiles autant qu'aux soins portés aux plus fragiles. Avec le temps, il a gagné toutes les tables, des plus modestes aux plus raffinées, chacune l'adaptant à ses ressources et à ses goûts. Aujourd'hui encore, il traverse la Chine et une grande partie de l'Asie comme un plat quotidien, familier, presque intime.
Le congee offre une texture douce et onctueuse, presque veloutée, où les grains de riz se sont partiellement dissous dans leur eau de cuisson. Son goût, très neutre et légèrement sucré par l'amidon du riz, en fait une base idéale pour accueillir des saveurs plus marquées. Nature, il dégage un parfum discret et réconfortant, celui d'une cuisson lente et patiente.
Le congee est traditionnellement servi au petit-déjeuner, mais on le retrouve aussi à toute heure de la journée, en particulier lorsqu'on souhaite un repas léger et facile à digérer. Il est également le plat que l'on prépare traditionnellement pour les personnes affaiblies ou les enfants, en signe de douceur et d'attention.
Originaire de Chine, le congee se décline en de nombreuses variantes régionales, du zhōu très liquide du sud aux versions plus épaisses du nord, parfois enrichies de viande, de poisson ou de légumes selon les ressources locales. Des préparations similaires existent dans d'autres pays d'Asie, comme le jok en Thaïlande ou le cháo au Vietnam, témoignant de la large diffusion de ce mode de cuisson du riz.