
Le khichdi figure parmi les préparations les plus anciennes du sous-continent indien, mentionné dès les textes védiques comme aliment simple et nourrissant. Son nom même, dérivé du sanskrit "khiccā", désigne ce mélange de céréales et de légumineuses cuites ensemble, principe fondateur de toute une famille de plats qui s'est répandue à travers l'Asie et jusqu'en Perse, où elle inspira selon certains le kedgeree britannique. Dans la tradition ayurvédique, ce plat occupe une place particulière comme mets d'équilibre, facile à digérer, que l'on prescrivait traditionnellement lors des changements de saison ou après le jeûne. Il a longtemps incarné une cuisine de subsistance autant que de sagesse, présente aussi bien sur la table du paysan que dans les cuisines royales sous des formes plus raffinées.
Le khichdi offre une texture douce et fondante, entre la bouillie et le risotto, sans à-coups ni grains distincts. Le curcuma lui donne une teinte dorée et une note légèrement terreuse, tandis que le ghee apporte une rondeur beurrée qui enveloppe le palais. L'ensemble dégage un parfum chaud de cumin torréfié, simple et réconfortant, sans jamais être épicé avec excès.
Le khichdi est traditionnellement servi lors des périodes de convalescence ou de jeûne rituel, considéré comme un plat léger et apaisant pour l'organisme. On le retrouve également lors de certaines fêtes hivernales comme Makar Sankranti, où il est préparé en offrande et partagé en famille.
Originaire du nord de l'Inde, le khichdi connaît d'innombrables variantes régionales : plus liquide et épicé au Gujarat, enrichi de légumes au Bengale, ou relevé d'épices entières dans certaines traditions du Bihar. Sa simplicité en a fait un plat transposable, chaque foyer y ajoutant sa touche selon les récoltes et les saisons.