
Le kūlolo puise ses racines dans l'agriculture ancienne des îles hawaïennes, où le taro (kalo) occupait une place sacrée, considéré comme l'ancêtre végétal du peuple selon les récits traditionnels. Bien avant l'arrivée des ustensiles modernes, les familles cultivaient ce tubercule dans des lo'i, ces terrasses irriguées transmises de génération en génération. Le kūlolo naquit probablement de la volonté de transformer une part de cette récolte en douceur durable, mêlant la texture dense du taro à la richesse du lait de coco, autre pilier de l'alimentation polynésienne. Sa préparation lente, autrefois confiée à la chaleur constante de l'imu, témoigne d'un rapport au temps et à la terre aujourd'hui devenu rare. On raconte que ce dessert accompagnait les grandes réunions familiales, marquant les liens entre les générations autour d'un même plat partagé.
Le kūlolo offre une texture dense, collante et légèrement élastique, proche du pudding pris en masse. Son goût mêle la douceur caramélisée du sucre brun à la rondeur crémeuse de la noix de coco, avec en fond une note terreuse propre au taro cuit longuement. L'arôme dégagé par la cuisson à l'étouffée apporte une profondeur fumée discrète, signature des préparations lentement mijotées en imu.
Le kūlolo était traditionnellement préparé lors des lū'au, ces grands rassemblements familiaux ou communautaires marquant naissances, mariages ou récoltes. Il figurait parmi les mets sucrés partagés en fin de repas, souvent servi aux côtés d'autres préparations à base de taro ou de fruits locaux.
Originaire des îles hawaïennes, le kūlolo varie selon les familles et les îles, certaines privilégiant une cuisson au four moderne lorsque l'imu traditionnel n'est plus accessible. Des versions plus proches d'autres îles polynésiennes existent également, où le taro laisse parfois place à d'autres tubercules locaux tout en conservant le principe de cuisson lente et le mariage avec la noix de coco.