
Le lavash accompagne la vie arménienne depuis l'Antiquité, bien avant que les frontières actuelles du Caucase ne soient tracées. On le retrouve mentionné dans des récits anciens comme le pain du quotidien, celui que l'on pétrit dans chaque foyer et que l'on partage à toutes les tables, riches ou modestes. Sa cuisson au tonir, ce four cylindrique enterré dans la terre battue des cours et des maisons, relève d'un savoir transmis de mère en fille depuis des générations, souvent lors de journées de fabrication collective où plusieurs familles se réunissaient. Ce pain a longtemps dépassé son rôle nourricier : offert lors des mariages, posé sur l'épaule des jeunes mariés en signe de prospérité, il porte une valeur symbolique forte dans la culture arménienne. Sa reconnaissance par l'UNESCO en 2014 n'a fait qu'entériner une pratique déjà vivante et continue depuis des siècles.
Le lavash frais offre une texture souple et légèrement moelleuse, tandis qu'une fois séché, il devient croustillant et se conserve durant de longs mois. Son goût est sobre et neutre, porté par une note discrète de blé grillé et de fumée laissée par la cuisson au feu de bois du tonir. C'est un pain modeste, pensé pour accompagner sans jamais dominer les autres mets.
Le lavash se prépare traditionnellement en grandes quantités lors de journées consacrées entièrement à la fabrication du pain, souvent en fin d'été ou à l'automne, pour constituer des réserves séchées destinées à l'hiver. Il figure également dans les célébrations de mariage, où on le pose sur les épaules des jeunes mariés en signe de bénédiction et d'abondance.
Originaire du plateau arménien, le lavash se retrouve aussi, sous des formes voisines, dans plusieurs cuisines du Caucase et d'Asie centrale, chacune l'ayant adapté à ses propres usages. Les variantes régionales tiennent surtout à l'épaisseur de la galette et à la durée de séchage, certaines familles préférant le consommer frais et souple, d'autres sec et cassant pour une conservation prolongée.