
Le locro appartient à ce fonds ancien de plats andins nés bien avant l'arrivée des Européens, lorsque les peuples des hautes vallées apprirent à faire cohabiter dans une même marmite les récoltes de la terre : courge, maïs, haricots, pommes de terre. Son nom, issu du quechua ruqru, désigne précisément ce ragoût épais mijoté longuement, et sa persistance dans le vocabulaire témoigne de la continuité d'un savoir culinaire indigène à travers les siècles. Porté par les caravanes et les échanges entre vallées, le plat s'est diffusé le long de la cordillère, de l'Équateur au nord de l'Argentine, en s'adaptant aux cultures locales disponibles. Il a longtemps constitué un repas complet et économique pour les communautés rurales, capable de nourrir une famille entière à partir de récoltes simples. Aujourd'hui encore, il demeure associé aux repas de fête et aux rassemblements familiaux dans plusieurs pays andins.
Le locro offre une texture épaisse et onctueuse, la courge fondant presque entièrement pour lier le maïs tendre et les haricots aux pommes de terre encore légèrement fermes. Son arôme est doux et terreux, relevé par la chaleur discrète du paprika ou du piment doux, sans jamais devenir piquant. C'est un plat réconfortant, dense, dont la saveur rappelle la simplicité des récoltes de la terre andine.
Le locro se prépare traditionnellement lors des fêtes nationales et des célébrations familiales dans plusieurs pays andins, notamment autour des commémorations d'indépendance. Il est aussi cuisiné en grande quantité pour les repas communautaires, où une seule marmite suffit à nourrir de nombreux convives.
Originaire des hautes vallées de la cordillère des Andes, le locro s'est répandu de l'Équateur jusqu'au nord de l'Argentine et de la Bolivie, chaque région y apportant ses propres nuances. En Argentine, on y ajoute souvent du chorizo ou du lard fumé, tandis qu'en Équateur, certaines variantes le préparent avec du fromage frais et de l'avocat en accompagnement.