Dans les vieux traités de la pharmacopée chinoise, la racine de Da Ji — Euphorbia pekinensis — occupe une place à part parmi les plantes dites « purgatives fortes », réservées aux mains expérimentées des herboristes. On la trouve mentionnée depuis des siècles dans les textes de médecine traditionnelle chinoise, toujours accompagnée d'un avertissement sur sa puissance. C'est une plante que l'on respecte davantage qu'on ne l'emploie librement.
La racine était traditionnellement employée en médecine chinoise pour favoriser l'élimination des liquides et traiter les états d'accumulation, notamment les épanchements et ascites, toujours en préparation cuite et sous contrôle.
Associée à d'autres plantes dans des formules classiques, elle était utilisée pour les toux accompagnées d'une sensation d'oppression thoracique liée à une rétention de liquides selon la théorie humorale chinoise.
La racine pilée ou en cataplasme a pu être appliquée localement sur des tumeurs cutanées bénignes, furoncles et gonflements dans la tradition populaire chinoise.
Classée parmi les plantes dites « drastiques » de la MTC, elle entrait dans des formules visant à évacuer ce qui était perçu comme des accumulations toxiques profondes de l'organisme.
Plante toxique à l'état cru : la racine doit impérativement être préparée (cuite au vinaigre) selon les méthodes traditionnelles avant tout usage, ce qui atténue mais n'élimine pas totalement sa toxicité. Ne jamais utiliser sans encadrement d'un praticien qualifié en médecine traditionnelle chinoise ou d'un professionnel de santé : risque de troubles digestifs sévères, diarrhées violentes et déshydratation. Contre-indiquée en cas de grossesse, d'allaitement, chez l'enfant, la personne âgée ou affaiblie, ainsi qu'en cas de faiblesse digestive ou de maladie rénale. Le latex frais de la plante est irritant pour la peau et les muqueuses ; à ne jamais porter aux yeux ou ingérer sans transformation adéquate.
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